Civilisation, Instantanés

Triste Couronne

Comment ne pas écrire, comment ne pas réagir

Face à ces conseils donnés, ce matin, sur les ondes

Ils nous disent, nous expliquent, force de spécialistes

Comment conserver, notre santé mentale

Face à l’isolement, à l’horreur, de demeurer désormais

Chez soi, dans le calme, sans autre miroir que le nôtre

Forcés que nous sommes, doux martyrs, à nous couper

Des bruits, de l’agitation de ce mental global

Surchargé, surexploité, survitaminé

Ralentissement salutaire, d’une culture sans repères

Bactérie symptomatique, révélatrice des frontières

De ces foules sans âmes, aux calepins engorgés

Ces coquilles si fragiles, si promptes à se briser

M’effraient plus que lui, ce reflet des êtres

Que je ne reconnais plus, que sont-ils devenus

Les regards changent, l’homme se fait bête

Ne voient en l’autre que l’abîme

Une possible chute, dans ce vide

Qui les habite, là, au fond d’eux

Tout cela, pour si peu.