Silence d’hiver

Pourraient-elles se taire, ces voix sans parole ? Le monde prêche, blatère, à tort et à travers. Avalanche, roulis de mots, de cris, sans sens, sans atmosphère. Flot continu, écrit, parlé, vociféré, surgit de plumes infécondes, de gorges profondes. Verbe sacrifié aux Dieux des logorrhées, savants et nains, tous s’expriment, des pieds des mains, s’écoutent et s’estiment, se pâment dans le spleen.

Comme une envie de m’évader, de m’écarter, de ce monde upside down. Trop d’histoires sans phares, de tourbillons de vacuité dans lesquels s’engouffrent les foules, avides de vide, boulimiques d’Apocalypse. Désir de me blottir, de me rouler sur moi-même, de retrouver ma lumière, ma vie, mon atmosphère. M’entourer de feuilles mortes, me recouvrir de Terre, tel un loir en hiver, pour ne plus les entendre, écouter le silence et échapper à leurs serres.