Civilisation, Instantanés

Triste Couronne

Comment ne pas écrire, comment ne pas réagir

Face à ces conseils donnés, ce matin, sur les ondes

Ils nous disent, nous expliquent, force de spécialistes

Comment conserver, notre santé mentale

Face à l’isolement, à l’horreur, de demeurer désormais

Chez soi, dans le calme, sans autre miroir que le nôtre

Forcés que nous sommes, doux martyrs, à nous couper

Des bruits, de l’agitation de ce mental global

Surchargé, surexploité, survitaminé

Ralentissement salutaire, d’une culture sans repères

Bactérie symptomatique, révélatrice des frontières

De ces foules sans âmes, aux calepins engorgés

Ces coquilles si fragiles, si promptes à se briser

M’effraient plus que lui, ce reflet des êtres

Que je ne reconnais plus, que sont-ils devenus

Les regards changent, l’homme se fait bête

Ne voient en l’autre que l’abîme

Une possible chute, dans ce vide

Qui les habite, là, au fond d’eux

Tout cela, pour si peu.

Civilisation

Doigts futiles

Bête issue de la Terre, de ces écrits obscurs, l’ai cherchée incrédule, dès mes premiers instants, de questionnement, je n’étais qu’un enfant.

Comment pouvoir croire, à l’asservissement, des petits et des grands, indigents et puissants, et pourtant.

Je la vois désormais, dans les mains, dans les rues dans les trains. Je regarde éperdu, les regards perdus, de robots inconnus.

Ce petit instrument, fait de jeux pour enfants, d’illusions de néant, à vaincu cette espèce, les nains et les géants, transformés en vassaux, en zombies sans cerveau, en soumis à la laisse.

Je n’arrive pas à croire, ce que voit mon regard. Elimine la bête, telle en Troie elle s’insère, ses atouts de misère, te détruisent la tête.

Asphyxie la putain, ne mords pas dans ce verre, illusions et chimères, redeviens un humain.

 

Civilisation

Desseins obscurs

Chasse aux sorcières d’un nouveau temps. Sous couvert de justice, de liberté, les belles se déchaînent, exigent des têtes. Tant pis si cela sent l’opportunisme, le règlement de compte à plein nez. Le manichéisme est désormais affiché. Les exécutions publiques sont diffusées, à l’aveugle, sans réel souci, de vérité. On réseaute, on twitte, on discourt, on dénonce, le monde entier, pour quelques porcs, disséminés. Bien fait pour eux, et pas qu’un peu, depuis le temps, ils le méritent. Quant à vous autres, tous les autres, gare à vos mots, gare à vos gestes, vos regards beaux, vos verbes lestes. Adieu romance, plus une chance. La bête, animale, écervelée, est désignée. Cible affichée, de pures créatures, tellement pures, aux beaux desseins, parfois obscurs.

Civilisation

Gatwick

Des milliers de personnes bloquées, en attente d’un avion. La fin du monde pour quelques moustiques virevoltant dans les airs. Symbole d’une civilisation tombée sur la tête. Des foules immenses prenant l’avion comme on prend un taxi, pour se rendre au bout du monde, avant d’en revenir, sans même savoir vraiment pourquoi. Cette occupation permanente, cette agitation reconnue comme la norme me laisse perplexe. Aucun recul pour une génération que le moindre écueil dans la recherche du plaisir immédiat semble faire s’effondrer. Je redoute les privations à venir.