Dame Blanche

La nuée, colorée, se rassemble et se pose, en ces lieux avant elle si glacés et austères, étrangère à nos mœurs, nos repères, nos valeurs, colportées par nos pères, tout autant que nos peurs.

Je la vois se mouvoir, elle me semble d’ailleurs, de là-bas, de ces cieux, inconnus de nous autres, où les yeux et le bleu sans un son se comprennent, où les jeux amoureux aux regards s’apprennent.

Je me sens étranger, parmi eux et pourtant, sentiment déroutant, inconnu et troublant, leurs nuances cuivrées à ma cire s’opposent, ne serait-ce pas moi qui au fond m’interpose. 

Elevé par mes pairs, je ne vois dans leurs yeux, que le sombre tourment d’un passé pas si vieux, où la peur de l’autre au fond de moi se fit, une place dans l’ombre sans instant de répit. 

Les rythmes de leurs airs apaisent ma colère, je ne suis désormais qu’une partie de leur chair, en attente de celle, qui apaisera mes doutes, mais que là, tout au fond, je le sais, je redoute. 

La foule s’impatiente, elle danse elle chante, suppliant, grande Dame, de nos cœurs, apaisante, Immaculée en ailes, mon esprit se rebelle, et pourtant près de moi, elle me semble si belle. 

Je craignais que son œil ne saisisse ma détresse, que le joug des aïeux par sa main ne m’oppresse, au passage de la Fleur, je ne sens que douceur, qui me dit, qui me souffle que je possède un cœur. 

D’où es-tu, grande Reine, dans tes simples atours, de tes yeux merveilleux transparaît tant d’amour, je t’ai vue désormais, je le sais, tu existes, je saurai te trouver si un jour je m’éclipse.