Grand blanc

Mon Eden était blanc, le bleu gris s’emmêlant, la pureté d’autres temps a quitté le présent. De si loin vient le vent, assombrit l’horizon, quelle étrange vision, ce futur sans enfants. Le sol frit et s’effrite, disparaît aussi vite, mon royaume se délite. Il abdique et se brise.

Le silence s’est éteint. Mes appels résonnent et transportent au loin, l’agonie d’un destin. Ce désir en mon sein, me souviens et visionne les contours divins de blancheurs sans fin. De comprendre je tente, le dessein d’une engeance vers la faim me tourmente. Mon éclipse prédisent.

Paralyse ma chair, cette errance de pierre, sans espoir d’autres terres, sans semblables ni frères. Mes pas lourds et futiles, me paraissent hostiles, azur noire effrayante, près de moi ta présence. Ta douceur est mon piège, mon abri me protège que chaleur désagrège. Je m’essouffle et m’épuise.

Les fêlures naissantes, se dessinent et s’étendent, mis à nu le soleil leur apporte assistance. Souvenirs me reviennent, d’un passé de silence, de moments d’innocence, oubliée mon enfance. Fuis parure inutile, devenue si futile, aux regards hostiles. Mon courage s’amenuise.

Les yeux haut vers le ciel, triste bleu n’est plus pur, comme zébré de rayures, dessins de créatures. Négligée leur nuisance, étrangers à mon monde, de mon trône je tombe, trop fragile je pense. Vois les ruines naissantes, de l’espèce puissante que futur n’enfante. Je succombe et m’enlise.

Mon regard s’embrume, s’effacer de la Terre, sans lutte chevalière ni message posthume. Nos combats de survie se livraient en noblesse, comme un hymne à la vie, au respect des espèces. Disparus ces vieux temps, ne reste que le vent de ce monde effrayant. Que banquise se brise.