Indifférence

Toi là-haut, entends-tu ces cris ?

Occupé à jouer, peut-être à rêver, autre chose ai pensé, sans oser l’exprimer.

Les êtres se décomposent, s’exposent, explosent en symbiose. Magma de sang, s’agenouillent en rang. Leurs yeux se ferment, oublient le ciel, les instants disparus.

Pantins absurdes, lames mordantes, esprits se figent, les âmes pleurent. Cités glorieuses devenues creuses, leurs regards noirs de soufre aveugles.

Que ne vois-tu ces ingénus, des sables rouges où rien ne bouge. Les esprits purs, autant d’ordures, garants de paix, n’en suis plus sûr.

Pleure sur la terre, sur sa misère, ses enfants rois et ses chimères.

Toi là-haut, entends-tu ces cris ?

Occupé à dormir, peut-être à vomir. Ces visions insensées, t’ont filé la nausée.

Civilisations, sous perfusion, tournent en rond, en régression. L’esprit humain s’oublie se perd, trop de besoins, plus de repères.

Au nom de toi, folie guerrière, chariots de feu, vaines prières. Pauvres poupées, aux bras levés, dieux aboyés, vociférés. Hurlent Allah, jurent Yahweh, acte de foi, absurdités.

Des temps obscurs, n’avions plus cure, jettent à terre, brisent les pierres, le feu des chars sont leurs yeux noirs. Cerveaux d’enfants, nourris au sang, réseaux sociaux s’entremêlant.

Pleurent les peuples, sur leur malheur, les temps anciens et leur douleur.

Toi là-haut, entends-tu ces cris ?

Occupé à jouer, peut-être à oublier. Tes enfants égarés font partie du passé.

Trop de silence, de tolérance. Monarques paons, leurs regards blancs, effroi et spectre du jugement. Oubli des temps et des tourments, comportements inconséquents.

Soufflent la guerre en un sourire, les mettre à terre est leur plaisir. Egos géants, gargantuesques, peuples gisants, telle une fresque.

Chants d’âges anciens, tons vermoulus, au désespoir de nos mémoires. Ces jeux de mâles, dominateurs, combats de coqs, les dictateurs, à l’aube brament, drôle d’époque.

Pleurent les peuples, sur leur destin, les nouveaux maîtres et leurs desseins.

Toi là-haut, entends-tu ces cris ?

Occupé à languir, peut-être à t’enfuir.

Trop de cire, trop de cierges. Ton silence stérile rend l’espoir inutile.

Ce monde perdu, ne t’intéresse plus.